Salaire apprenti 2025 : la grille et les montants à verser
En 2025, le salaire apprenti 2025 dépend de l'âge et de l'année du contrat. Découvrez la grille, les montants bruts et nets à verser.
par Claire Dubois
8 min de lecture
4,6sur 5417 votes
- 3,7Klecteurs
- 6en ce moment
- 145partages
Signer un contrat d’apprentissage ne donne pas droit au SMIC entier dès le premier mois. La loi impose un salaire minimum progressif, exprimé en pourcentage du salaire minimum de croissance, que l’employeur applique mois après mois, à mesure que le jeune vieillit et avance dans son cycle de formation. Pour un service paie, la difficulté n’est pas de connaître la grille, mais de savoir à quelle date chaque palier bascule et quel minimum conventionnel de branche s’ajoute au plancher national.
Le calcul doit rester juste sur toute la durée du contrat, souvent deux ans, parfois trois. Un taux oublié se transforme en rappel de salaire, en régularisation et en explication délicate avec le salarié comme avec le centre de formation. Voici la grille applicable, les montants correspondants, le passage du brut au net et les situations où le minimum légal ne suffit pas.
Comment se calcule le salaire apprenti 2025 à partir du SMIC
Deux données suffisent pour poser le taux : l’âge de l’apprenti et l’année en cours de son contrat. Aucune autre variable n’entre dans le calcul du minimum légal, ni le diplôme préparé, ni la taille de l’entreprise. Un apprenti en première année de CAP et un apprenti en première année de BTS ont donc le même plancher s’ils ont le même âge.
La base de calcul est le SMIC. En 2025, le SMIC mensuel brut s’établit à 1 801,80 € pour 35 heures par semaine, soit 11,88 € brut de l’heure. Tous les montants de la grille sont des pourcentages de cette somme. Une revalorisation du SMIC relève donc mécaniquement toutes les rémunérations d’apprentis, sans qu’un avenant au contrat soit nécessaire.
Ce qui déclenche une revalorisation en cours de contrat
Quatre événements font bouger la rémunération d’un apprenti : la revalorisation du SMIC, le passage à l’année suivante du contrat, le changement de tranche d’âge à 18, 21 ou 26 ans, et l’entrée en vigueur d’un accord de branche plus favorable. Pour le reste, aucune augmentation annuelle n’est due. La loi ne prévoit pas de coup de pouce automatique, et un apprenti peut terminer son contrat au même pourcentage qu’au premier jour si son âge et son année de formation n’ont pas changé.
Concrètement, ces quatre dates méritent d’être inscrites dans le calendrier de paie de chaque apprenti, avec un contrôle du taux avant l’édition du bulletin. Ce simple réflexe supprime la majorité des rappels de salaire constatés en fin de contrat.
La grille de salaire apprenti 2025 selon l’âge et l’année du contrat
Les montants ci-dessous sont des minimums mensuels bruts, calculés sur la base de 35 heures par semaine et sur un SMIC de 1 801,80 €. Ils s’appliquent sauf disposition contractuelle ou conventionnelle plus favorable.
| Âge de l’apprenti | 1re année | 2e année | 3e année |
|---|---|---|---|
| 16 à 17 ans | 27 % du SMIC, 486,49 € | 39 %, 702,70 € | 53 %, 954,95 € |
| 18 à 20 ans | 43 %, 774,77 € | 51 %, 918,92 € | 67 %, 1 207,21 € |
| 21 à 25 ans | 53 %, 954,95 € | 61 %, 1 099,10 € | 78 %, 1 405,40 € |
| 26 ans et plus | 100 % du SMIC, 1 801,80 €, quelle que soit l’année de formation |
L’âge retenu n’est pas celui de l’embauche mais celui atteint pendant le contrat. Un apprenti recruté à 17 ans passe à 43 % du SMIC le mois de ses 18 ans, puis à 53 % le mois de ses 21 ans s’il poursuit sa formation. Ce changement de tranche se produit sans formalité, mais il doit apparaître sur le bulletin correspondant.
Ces taux correspondent au minimum national. Une convention collective, un accord d’entreprise ou le contrat lui-même peuvent prévoir davantage, et l’employeur applique alors la disposition la plus favorable. Dans certaines branches, dont l’hôtellerie-restauration, la grille négociée par les partenaires sociaux se situe au-dessus du plancher légal, avec une entrée en vigueur au 1er août 2025 pour l’avenant signé en février de la même année.
Du salaire brut au net : le montant réellement versé
Le net d’un apprenti ne se calcule pas comme celui d’un salarié ordinaire. Sa rémunération bénéficie d’exonérations de cotisations salariales, ce qui explique qu’un apprenti perçoive un net très proche de son brut dans les premiers niveaux de la grille. Au-delà d’un certain seuil de rémunération, des prélèvements sociaux réapparaissent sur la fraction excédentaire. Ces règles ont été modifiées par les dernières lois de financement de la sécurité sociale : le paramétrage du logiciel de paie se vérifie donc contrat par contrat, et non par simple reconduction d’une année sur l’autre.
S’ajoute un avantage fiscal : les sommes versées à un apprenti sont exonérées d’impôt sur le revenu dans la limite d’un SMIC annuel. Un apprenti rémunéré au minimum légal ne paie donc pas d’impôt sur cette rémunération. La fraction qui dépasserait ce plafond, par exemple en cas de rémunération négociée nettement supérieure, redevient imposable.
Pour annoncer un net crédible à un candidat, mieux vaut présenter une fourchette et préciser qu’elle dépend de la situation fiscale, plutôt qu’un montant exact au centime. Une méthode de contrôle rigoureuse, du type de celle appliquée pour établir une fiche de paie sans erreur, évite les écarts entre ce qui a été annoncé à l’embauche et ce qui apparaît sur le premier bulletin.
Âge, dérogations et situations où le pourcentage change
La rémunération en pourcentage du SMIC suppose que le contrat d’apprentissage soit valablement conclu, et cette validité dépend d’abord de l’âge. Le contrat s’adresse aux jeunes de 16 à 29 ans révolus. Des dérogations existent : il peut être signé dès 15 ans dans le cadre de la scolarité obligatoire, et la limite est repoussée à 35 ans révolus pour un projet de création ou de reprise d’entreprise. Pour les travailleurs reconnus handicapés et les sportifs de haut niveau, aucune limite d’âge n’est opposable.
Autre point souvent découvert trop tard en paie : l’employeur n’est pas enfermé dans le minimum légal. Il peut verser davantage, par le contrat, par un accord collectif ou par une décision unilatérale. Certaines entreprises ajoutent 10 à 15 % au plancher pour rendre l’offre attractive sur des métiers en tension, sans que cette majoration remette en cause les aides liées à l’apprentissage. Une rémunération supérieure est toujours possible ; une rémunération inférieure au minimum ne l’est jamais.
Ce levier salarial ne règle pas tout. Le salaire fait partie d’un ensemble plus large, où comptent aussi l’accompagnement, le contenu des missions et la clarté du parcours proposé au jeune.
Apprenti et contrat de professionnalisation : deux logiques de rémunération
Un contrat de professionnalisation n’obéit pas à la même grille. Sa rémunération minimale dépend de l’âge et du niveau de qualification visé, et beaucoup de branches imposent en plus un minimum conventionnel supérieur au plancher légal. Pour un public jeune et peu diplômé, le contrat d’apprentissage reste souvent plus favorable ; à partir de 26 ans, les deux dispositifs convergent vers une rémunération proche du SMIC.
La confusion entre les deux contrats produit deux erreurs classiques : appliquer la grille apprenti à un contrat de professionnalisation, ou l’inverse. Le réflexe utile consiste à lire l’intitulé exact du contrat avant de paramétrer la paie, puis à vérifier l’accord de branche, qui s’impose dès qu’il est plus généreux. La rémunération ne suffit pas non plus à arbitrer entre les deux formules : le rythme de formation et l’objectif de qualification pèsent autant, comme le rappelle une méthode éprouvée pour recruter sans se tromper.
Erreurs fréquentes et contrôles avant de clôturer la paie d’un apprenti
Les écarts relevés en contrôle portent presque toujours sur les mêmes points, et la plupart se détectent en quelques minutes avec une liste de vérification :
- le taux de la première année maintenu en deuxième année, faute de mise à jour du dossier salarié ;
- le changement de tranche d’âge non appliqué le mois où l’apprenti atteint 18, 21 ou 26 ans ;
- un minimum conventionnel de branche ignoré, alors qu’il est plus élevé que le plancher légal ;
- une exonération de cotisations paramétrée selon une règle ancienne, ce qui fausse le net affiché ;
- la durée du travail et le nombre d’heures saisies de façon incohérente avec le planning réel.
La gestion des absences mérite la même attention : un apprenti bénéficie des mêmes droits à congés payés qu’un salarié classique, et ses semaines en centre de formation ne se traitent pas comme des absences non rémunérées. Savoir gérer les congés payés sans erreur de décompte évite les contestations en fin de contrat.
Reste la formalité qui précède tout bulletin : l’embauche doit être déclarée avant le début du contrat. La déclaration préalable à l’embauche conditionne la conformité du dossier et l’ouverture des aides associées. Un outil correctement paramétré limite ensuite les oublis, comme le montre le retour d’expérience sur une solution RH et SIRH : automatiser les paliers d’âge et d’année reste le moyen le plus sûr de tenir la grille sur trois ans.
Rémunération de l’apprenti : les questions qui reviennent en paie
Quel est le salaire minimum d’un apprenti en 2025 ?
Il est de 27 % du SMIC, soit 486,49 € brut par mois, pour un apprenti de 16 ou 17 ans en première année. Le plancher grimpe avec l’âge et l’avancement dans le contrat, jusqu’à 100 % du SMIC, soit 1 801,80 € brut, pour un apprenti de 26 ans et plus.
La rémunération change-t-elle quand l’apprenti atteint 18, 21 ou 26 ans ?
Oui. La tranche d’âge supérieure s’applique dès que l’apprenti atteint l’âge correspondant, sans attendre l’anniversaire du contrat ni une nouvelle année de formation. Le taux du mois concerné doit être recalculé sur le bulletin.
Un employeur peut-il payer un apprenti au-dessus du minimum légal ?
Oui, et c’est fréquent sur les métiers en tension. Le contrat, un accord collectif ou une décision de l’employeur peuvent prévoir une rémunération supérieure. Seule une rémunération inférieure au minimum légal ou au minimum conventionnel est interdite.
Le salaire d’un apprenti est-il revalorisé chaque année ?
Pas automatiquement. La rémunération évolue quand le SMIC est revalorisé, quand l’apprenti change d’année de contrat ou de tranche d’âge, ou lorsqu’un accord de branche plus favorable entre en vigueur. En dehors de ces cas, l’employeur n’a aucune obligation d’augmentation annuelle.
Faut-il distinguer le brut et le net dans l’annonce faite à un candidat ?
Oui. Les exonérations de cotisations rendent le net proche du brut, mais l’écart dépend du niveau de rémunération et de la situation fiscale. Annoncer une fourchette de net évite les déceptions au premier bulletin.
L’auteur
Consultante RH indépendante
Je teste moi-même ce que je recommande. Ma spécialité : Recrutement et droit du travail.
Voir tous ses articlesVotre avis compte
Cet article vous a-t-il été utile ?
4,6sur 5417 votes
Commentaires
Soyez le premier à réagir.





